70% de jeunes préfèrent travailler dans une entreprise écoresponsable : l’expérience RH peut-elle s’adapter ?

Par Isabelle Bornert - 17 septembre 2020

Décryptages

Les préoccupations liées à l’environnement prennent de l’ampleur partout dans le monde, particulièrement chez les jeunes. Selon une étude réalisée par Swytch en 2019, 70% des étudiants et jeunes travailleurs accepteraient plus facilement de travailler pour une entreprise ayant un impact environnemental positif. Comment apporter à ces collaborateurs, ainsi qu’à leurs aînés, une expérience RH en phase avec cette attente ?

70% de jeunes préfèrent travailler dans une entreprise écoresponsable : l’expérience RH peut-elle s’adapter ?

Une attente forte vis-à-vis de l’employeur en termes d’écologie

Menée aux États-Unis, l’étude de Swytch n’en reflète pas moins une tendance générale qui concerne aussi l’Europe. D’autres chiffres livrés par l’enquête sont éloquents sur les attentes des collaborateurs liées à l’écologie. Ainsi, près d’un répondant sur deux accepterait de gagner moins si cela lui permettait de travailler dans une entreprise plus « verte ». Plus frappant encore, 40% de la génération Y aurait déjà choisi une offre d’emploi en privilégiant le critère de l’écologie.

Si l’étude citée se focalise sur les jeunes générations de travailleurs, le caractère intergénérationnel de l’attention à l’écologie se confirme en France.

Les entreprises l’ont bien compris, mais revendiquer des engagements RSE ne suffit pas : comme le montre un baromètre Boston Consulting/CGE/Ipsos publié en 2020, l’attention à ces questions est souvent perçue par les collaborateurs comme un opportunisme, voire du « greenwashing ».

Dans ce contexte, l’expérience RH des collaborateurs peut démontrer au quotidien un engagement écologique dans des domaines perceptibles par les salariés.

Les transports, un axe de progrès écologique perceptible et compréhensible par tous

Réduire l’empreinte carbone est aujourd’hui perçu comme un enjeu primordial par tous ceux qui se préoccupent d’écologie. Agir sur les transports des collaborateurs est un moyen évident d’y participer concrètement.

Le télétravail, en forte expansion dans nos entreprises depuis la pandémie de Covid-19, est assurément une mesure efficace puisqu’il supprime toute pollution liée aux transports par le salarié les jours concernés.

Dans le même esprit, certaines réunions peuvent être organisées en visioconférences de façon à limiter l’impact sur l’environnement, surtout quand elles ont lieu dans des endroits éloignés.

Pour les jours d’activité en présentiel, des innovations émergent. Certaines entreprises proposent aux employés qui se rendent au travail à vélo une indemnité kilométrique, en remplacement du remboursement de la moitié de leur titre de transport collectif. D’autres, plus rares, mettent des vélos à disposition de leurs collaborateurs afin qu’ils n’aient pas à en acheter s’ils souhaitent utiliser ce moyen pour venir au travail.

Moduler les heures d’arrivée et de départ, en permettant d’arriver et de partir plus tôt ou plus tard, est un moyen pour les employés venant en voiture d’éviter les pics de circulation qui contribuent fortement à la pollution.

Limiter l’impact de la digitalisation sur l’environnement

Personne ne conteste aujourd’hui les apports de la digitalisation à la vie professionnelle, mais celle-ci ne doit pas, pour autant, devenir une « bombe écologique » à retardement. L’augmentation de notre consommation de données numériques, notamment, nécessite des capacités de stockage qui ont un impact énorme sur l’environnement.

Pour alléger l’activité des serveurs informatiques, la digitalisation ne doit donc pas s’orienter vers la démultiplication du stockage des documents, mais vers le partage de documents. De nombreuses solutions digitales de partage existent et peuvent être mises en place, d’autant qu’elles renforcent le collaboratif dans l’entreprise.

En ce qui concerne les emails, il s’en envoie dans le monde 3,4 millions à la seconde. Or l’empreinte carbone minimale de l’envoi d’un email est de 4 g de CO2… et peut atteindre 50 g avec une pièce jointe volumineuse ! Les bonnes pratiques à promouvoir sont simples :

  • préférer le chat (voire le téléphone) à l'e-mail,
  • supprimer les anciens emails (après avoir stocké la pièce jointe utile si besoin) et vider notre corbeille,
  • limiter les pièces jointes et en réduire la taille en compressant les images ou en envoyant un lien hypertexte plutôt qu'un document,
  • se limiter au nombre de destinataires nécessaires.
  • Éliminer les logos et bannières publicitaires associés aux signatures.

Par ailleurs, rappelons qu’Internet représente 4% des émissions mondiales de CO2 et pollue plus aujourd’hui que les avions (140 millions de recherches Internet par heure émettent autant de CO2 que 1000 aller-retour Paris –New York). Il est possible de réduire cet impact en adoptant certains réflexes :

  • utiliser des mots clés plus précis pour limiter le nombre de requêtes,
  • saisir directement l’adresse du site dans la barre de navigation chaque fois que c’est possible,
  • utiliser un moteur de recherche écoresponsable.

Veillez au bon respect quotidien des mesures de base

L’expérience RH des collaborateurs, ce sont aussi des éléments essentiels de la vie quotidienne comme la façon dont se déroulent les repas ou le chauffage des locaux.

L’élimination des gobelets en plastique avec l’utilisation de mugs personnels, les trois poubelles minimales (verres, cartons, autres déchets) et l’utilisation à bon escient de la climatisation ou du chauffage constituent des règles de base auxquelles de nombreuses entreprises sont encore, dans les faits, peu attentives. Comment, dans ces conditions, être crédible en revendiquant un engagement écologique ?

La dimension écologique est une composante importante de la RSE (responsabilité sociale de l’entreprise), sujet dont le DRH est souvent le responsable – ou a minima le premier relai – au sein de l’entreprise. Dans ce domaine, l’élaboration d’une charte des comportements écoresponsables, tels ceux que nous avons évoqués, est un premier pas important pour matérialiser la réalité des engagements de l’organisation à travers l’expérience RH de chaque salarié.

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