Octobre Rose : un point d’entrée pour une meilleure approche RH des longues maladies

Par Isabelle Bornert - 15 octobre 2020

Décryptages

Comme chaque année en octobre, la campagne de dépistage du cancer du sein organisée par l'association Ruban Rose propose de lutter contre cette pathologie en informant largement le public. Et si cette campagne, pour les services RH qui la relaient, devenait la première étape d’une meilleure communication sur le sujet des longues maladies dans leur ensemble ? Une idée à suivre pour les DRH qui veulent agir de façon proactive pour la santé de leurs collaborateurs, mais aussi mieux accompagner leurs salariés touchés par la maladie.

Octobre Rose : s’investir dans la prévention auprès des collaborateurs

Le cancer du sein concerne aujourd’hui une femme sur huit selon l’association Ruban Rose. Organisé chaque année, l’opération Octobre Rose est l’occasion de mettre en lumière les personnes qui combattent cette pathologie, de réunir plus de fonds pour aider la recherche, et surtout d’intensifier l’information et la sensibilisation au dépistage précoce de la maladie.

Grâce à ce dépistage précoce, la moitié des cancers du sein connait de très hauts niveaux de guérison. Informer les femmes sur la nécessité du suivi à tout âge est donc un enjeu essentiel, auquel les entreprises peuvent participer.

À l’image d’Esthée Lauder, Dim ou Olympus, les entreprises les plus investies dans la cause de l’association Ruban Rose mettent en place diverses actions commerciales ou événementielles et lui apportent un soutien financier.

Mais toute entreprise peut soutenir la prévention auprès de ses collaborateurs en diffusant, dans les emplacements réservés à l’information dans ses locaux, les matériels de sensibilisation (affiches, brochures d’information).

Mieux communiquer sur les longues maladies dans leur ensemble

Un DRH qui participe à cette information le fait au nom de la responsabilité sociale de son entreprise (RSE). Dans le cadre de cette responsabilité sociale, il est logique d’élargir la démarche à toute maladie de longue durée que la prévention peut aider à éviter ou surmonter.

Pour mémoire, une maladie est considérée comme une affection longue durée (ALD) lorsque sa gravité ou son caractère chronique, voire les deux, le justifient au regard du coût et de la durée du traitement. La liste de ces ALD s’élève aujourd’hui à 30 affections qui regroupent 400 pathologies.

Les actions de prévention ne se limitent pas forcément à de l’affichage. Il est ainsi possible pour certaines maladies d’organiser des interventions de sensibilisation dans les locaux par le biais d’associations.

Par ailleurs, certaines pathologies très répandues comme le cancer ont donné lieu à des initiatives spécifiques. En 2017, l’ANDRH et l’Inca (Institut National du Cancer) ont élaboré une charte de 11 engagements pour améliorer l’accompagnement des salariés et promouvoir la santé (téléchargeable ici). On peut aussi noter l’action d’une association comme Cancer et entreprise, qui se propose d’aider les services RH à mieux accompagner leurs salariés touchés par cette maladie.

Au-delà de la prévention, l’accompagnement des collaborateurs représente un enjeu majeur pour une DRH. En effet, l’attention apportée à un collaborateur atteint d’une longue maladie est un moment de vérité pour l’entreprise si elle veut mettre en phase l’expérience RH de ses salariés avec ses valeurs profondes.

Accompagner les collaborateurs dans un contexte de maladie longue durée

  • L’annonce de la maladie
    Annoncer sa maladie à sa hiérarchie ou aux services RH est difficile. Rien n’obligeant légalement le collaborateur atteint d’une ALD à en informer son employeur, c’est souvent au moment où la prise d’un congé de longue maladie devient inévitable que celui-ci est averti.

    La communication en amont que vous aurez opéré sur le sujet aidera le collaborateur à passer cette étape : ayant vu vos campagnes de sensibilisations et/ou de prévention, il a toutes les raisons de penser que les services RH l’écouteront de façon bienveillante, ce qui lui évite un stress supplémentaire.

  • Le maintien du lien avec le collaborateur
    Nous avons déjà abordé sur ce blog l’importance de la bonne information des collaborateurs malades. En cas de longue maladie, les services RH doivent évaluer avec le collaborateur concerné, par un dialogue ouvert et bienveillant, la façon dont il souhaite maintenir le lien avec l’entreprise durant son congé.

    Préfère-t-il être contacté par le DRH, son manager, ou encore un membre de l’équipe ? Quelles modalités d’échange (téléphone, email, autre…) le met le plus à l’aise ? Veut-il recevoir des nouvelles de l’entreprise, par exemple la newsletter ou des notes sur les projets de son service ? Laissez-le exprimer ses souhaits sans rien lui imposer, et donnez-lui une possibilité de vous joindre facilement pour répondre rapidement à ses demandes.

  • La reprise du travail
    Le retour au travail après une longue maladie est une étape délicate.

    Il s’agit de le préparer au maximum, selon les modalités de reprise prévues : temps partiel, temps organisé pour suivre un traitement… L’aménagement du poste de travail, si nécessaire, doit être anticipé. Le manager du collaborateur doit être mis dans la boucle bien en amont pour que la charge et les missions soient ajustées à la situation physique et psychologique du collaborateur au moment de son retour. L’objectif est de lui faciliter la vie sans que cela ne se remarque trop.

    Par ailleurs, outre la fatigue due aux séquelles de la maladie ou aux effets de son traitement, il faut affronter les regards parfois surpris ou embarrassés des collègues. Il est important, le jour de la reprise, de prévoir un événement simple – par exemple un petit déjeuner d’équipe – pour témoigner au collaborateur le plaisir que prend l’équipe à son retour.

Ces quelques éléments ne sont que les fondamentaux pour favoriser l’accompagnement des collaborateurs touchés par une longue maladie. L’un des points essentiels à retenir, en ce mois d’Octobre Rose, est que les collaborateurs ont besoin de savoir que leur DRH sera à leur écoute en cas de problème de santé nécessitant une longue absence ou un aménagement du travail. Participer aux diverses campagnes de prévention est une bonne opportunité, pour les DRH, de faire passer en même temps ce message essentiel.

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