Santé au travail : agir de façon proactive pour la santé des collaborateurs

10 décembre 2020

Décryptages
La santé des collaborateurs est directement liée à des enjeux majeurs pour l’entreprise : l’absentéisme, l’engagement, la marque employeur... Agir de façon proactive pour la santé des salariés est indispensable pour leur apporter une meilleure expérience RH et servir, in fine, la performance globale de l’entreprise. Voici quelques conseils pour favoriser la bonne santé de vos équipes en étant proactif sur trois niveaux.

1) Environnement de travail

Un environnement de travail sain est essentiel pour maintenir les collaborateurs en bonne santé tout en leur apportant une expérience RH de qualité.

  • Mobilier et éclairage
    Le mobilier et l’éclairage sont déterminants dans le ressenti, en termes d’agrément et de fatigue, d’une journée de travail. Un éclairage qui ne fatigue pas les yeux, un siège ergonomique de qualité et un bureau suffisamment grand sont les basiques. Le confort physique doit prévaloir sur l’esthétique, même si les deux ne sont pas incompatibles.

  • Restauration
    Si votre organisation est dotée d’un restaurant d’entreprise ou d’une cantine, veillez à ce que votre prestataire propose chaque jour des plats équilibrés, bio, et des menus prenant en compte les principaux régimes alimentaires (sans gluten, sans sucre…).

    Si ce n’est pas le cas, d’autres leviers d’action existent. Même s’il n’y a pas d’obligation légale, une très forte majorité d’organisations propose des tickets restaurants à ses salariés. Veillez à ce que leur valeur soit cohérente avec les prix pratiqués autour de vos locaux pour une nourriture correcte. Vous pouvez aussi inciter les collaborateurs à commander chez un prestataire sélectionné pour la qualité de ses produits, avec lequel vous aurez négocié une tarification préférentielle.

  • Modalités de transport
    Efforcez-vous de favoriser les modes de transports permettant de s’aérer et de faire de l’exercice. Si vous n’adoptez pas le Forfait Mobilités Durables mis en place par l’État, vous pouvez prévoir un encouragement, par exemple une paire de chaussures de sport par an, pour ceux qui viennent en vélo, en trottinette, etc.

  • Sport
    Certaines entreprises mettent à disposition de leurs collaborateurs des locaux leur permettant de faire du sport sur le lieu de travail. Les organisations n’en étant pas dotées peuvent, via le CE, proposer des remises valables dans des chaines de salles de sport. Il est aussi possible d’offrir des chèques cadeau permettant à chacun de profiter d’une salle de sport proche de chez soi.

2) Organisation et management

La forte augmentation des dépressions et burnout depuis la rentrée invite à agir de façon proactive pour préserver la santé mentale des salariés, surtout dans un contexte de crise. Les risques psychosociaux peuvent être multipliés, ou au contraire limités, selon le type d’organisation et de management.

  • Droit à la déconnexion
    Le droit à la déconnexion est une question particulièrement sensible depuis la généralisation du télétravail liée à la crise sanitaire. Depuis le début de la pandémie, de nombreux salariés sont victimes de surengagement. Les temps de transport, par exemple, sont remplacés par du temps de travail et de connexion supplémentaire. Veiller à la déconnexion des salariés implique de mettre en place une interdiction d’envoyer des emails avant et après les horaires prévus d’une journée de travail.
  • Charge de travail
    Névralgique et au cœur de nombreux conflits sociaux, ce point est aussi le facteur numéro 1 de risques psychosociaux (RPS). L’employeur a le devoir de veiller à ce que la charge de travail soit cohérente avec le nombre d’heures travaillées. En cas de difficultés des salariés à tenir la charge imposée, diminuer celle-ci n’est pas la seule option : il est souvent possible de les outiller pour rendre une tâche plus rapide, ou de leur dispenser des formations leur permettant d’être plus efficaces

En ce qui concerne les métiers plus manuels, les cadences doivent aussi être raisonnables pour éviter les accidents du travail liés à la fatigue, par exemple lors de l’utilisation de machines.

  • Management
    De nombreux livres et études démontrent l’incidence du management sur les RPS. La prise en compte des RPS par le management suppose des formations, des outils et un plan d’action.

Le développement d’un management bienveillant impose parfois une vraie remise en cause des croyances et/ou de la culture des managers et de la Direction. Mais son bénéfice est prouvé, à la fois pour la santé des salariés et pour la performance de l’organisation. 

3) Soins médicaux et prévention de la maladie

  • Médecine du travail
    Pour mémoire, la visite médicale d’embauche a été remplacée, en 2017, par la visite d’information et de prévention. Réalisée au plus tard trois mois après l'embauche, cette visite doit être renouvelée dans un délai maximal de 5 ans.

Vous pouvez cependant rappeler aux collaborateurs qu’ils peuvent, à tout moment, demander une visite médicale auprès de leur médecin du travail s'ils pensent qu’un problème de santé peut être en relation avec leur travail ou avoir une incidence sur celui-ci.

  • Mutuelles
    Si les entreprises sont aujourd’hui tenues d'en proposer une à leurs collaborateurs, toutes les mutuelles ne se valent pas en termes de remboursement et de prise en charge. Sans aller forcément vers les plus onéreuses, certaines couvrent mieux une catégorie de soins (par exemple dentaires), ce qui encourage le salarié à consulter lorsqu’il en a besoin. N’hésitez pas à solliciter plusieurs prestataires pour bénéficier du meilleur ratio prestations/coût.

Dans un autre registre, il est possible d’organiser, sur la base du volontariat, un club interne d’entraide et de suivi d’un programme pour cesser de fumer ou combattre le surpoids. Un sondage peut être lancé pour évaluer le nombre de salariés intéressés.

Au terme d’une année 2020 marquée par une pandémie mondiale, remarquons pour conclure que les entreprises ont beaucoup appris ces derniers mois sur les mesures visant à prévenir la contagion. Pourquoi ne pas tirer profit de cette expérience face à des virus connus, récurrents, mais contre lesquels toutes les précautions ne sont pas prises ? Les épidémies de grippe saisonnière ou de gastroentérite, par exemple, pourraient toucher moins de collaborateurs si des mesures simples (éviter les poignées de main, gel hydroalcoolique à disposition, etc.) étaient appliquées en entreprise cet hiver… que la Covid-19 soit ou non derrière nous.

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