ETUDE - Quatre travailleurs français sur dix estiment qu’ils n’ont pas assez de voix au travail

24 avril 2018

Quatre travailleurs français sur dix (42 %) estiment qu’ils n’ont pas suffisamment leur mot à dire dans l’entreprise où ils travaillent. La France se situe ainsi dans la moyenne européenne. De manière plus positive, six travailleurs français sur dix déclarent avoir un lien avec l’organisation où ils travaillent. C’est ce qui ressort d’une enquête européenne menée par le prestataire de services RH SD Worx dans sept pays européens.

4 travailleurs sur 10 ont un niveau de participation trop faible

42 % des travailleurs français déclarent n’avoir pas assez leur mot à dire dans l’organisation où ils travaillent. Au niveau européen, la France se situe ainsi dans la moyenne. Les Pays-Bas affichent les meilleurs résultats : seuls 31 % des travailleurs y sont insatisfaits de leurs possibilités de participation. En revanche, la Belgique arrive en dernière position, avec 56 % d’insatisfaction quant au degré de participation à la politique de l’organisation – comme le montre le graphique.

Graphique 1. % des travailleurs déclarent n’avoir pas assez de voix dans leur organisation

Plus positivement, la plupart des travailleurs français déclarent avoir un lien avec l’organisation pour laquelle ils travaillent. Environ six travailleurs sur dix (60,7 %) se sentent fortement impliqués dans leur entreprise.

La taille de l’organisation détermine le degré de participation et le lien avec les collaborateurs

La taille de l’organisation a une influence majeure sur la satisfaction des travailleurs français quant au degré de participation dans leur entreprise. Plus l’organisation est grande, moins les collaborateurs sont satisfaits de leurs possibilités de participer à son orientation. Dans les entreprises comptant jusqu’à une centaine de travailleurs, seuls trois sur dix (31 %) sont insatisfaits, mais dans les organisations avec plus de cinq cents collaborateurs, il s’agit déjà de près de la moitié d’entre eux (48 %).

La taille de l’organisation détermine aussi la qualité du lien entre l’employeur et le travailleur. Plus l’organisation est grande, plus la distance entre les deux parties est importante. Alors que près de sept collaborateurs sur dix (68 %) dans les entreprises avec moins d’une centaine de travailleurs se sentent encore impliqués, ce pourcentage tombe à 54 % dans les organisations avec plus de cinq cents collaborateurs.

La participation et la confiance accordée au management sont étroitement liées

La satisfaction ou l’insatisfaction des travailleurs par rapport à leur participation est étroitement liée à la confiance qu’ils accordent au management de l’entreprise. Plus la communication est ouverte et plus les collaborateurs soutiennent la stratégie de l’organisation, moins ils se déclarent insatisfaits de leur participation.

Graphique 2. Lien entre les possibilités de participation des travailleurs et la confiance qu’ils accordent au management

Jean-Marie Mozziconacci, Managing Director SD Worx France, commente les résultats de l’étude. « Alors que la personnalisation de la relation employeur-travailleur est à la hausse, que les collaborateurs sont de plus en plus souvent aux commandes de leur propre carrière et qu’ils peuvent régler davantage eux-mêmes leur travail, il semble par ailleurs que leur participation dans les entreprises reste très limitée. Et c’est dommage, car des études internationales montrent que les travailleurs qui ont davantage leur mot à dire sont plus impliqués et plus engagés. Ils peuvent ainsi représenter une plus-value économique accrue pour l’entreprise. Les entreprises ont donc tout intérêt à donner suffisamment voix au chapitre aux travailleurs, et à les impliquer dans le processus de décision. C’est par exemple possible en travaillant avec des équipes plus petites, ce qui rend la communication plus directe et la collaboration plus transparente, et permet par conséquent de convertir plus rapidement les idées en actions. »