La plupart des entreprises françaises (73 %) embauchent du personnel indépendant en raison de sa flexibilité

31 mai 2018

Malgré que 95 % des entreprises emploient des collaborateurs free-lance, un peu plus d’une organisation sur trois dispose d’une stratégie formelle pour aligner les priorités de ces nouveaux effectifs avec les objectifs de l’entreprise.

Ces résultats proviennent de la dernière enquête menée à travers cinq pays européens par le prestataire de services RH SD Worx et l’Antwerp Management School. Les deux organisations ont examiné les facteurs qui contribuent à la flexibilisation du marché de l’emploi et la manière dont les entreprises abordent la question. L’enquête a révélé que la majorité des entreprises indiquent qu’au moins 10 % de leurs effectifs sont des travailleurs indépendants : cela souligne la nécessité d’un changement urgent dans la manière dont les entreprises gèrent leurs collaborateurs non permanents.

Les entreprises aspirent à la flexibilité

À travers 5 pays européens, la raison principale pour laquelle les entreprises engagent du personnel free-lance est leur flexibilité : 65 % d’entre elles indiquent qu’il s’agit du facteur décisif lors du recrutement de nouveaux collaborateurs. Il est intéressant de noter que la deuxième raison la plus populaire pour laquelle les entreprises embauchent du personnel indépendant est l’expertise de ce personnel, invoquée par 63 % des répondants. En Allemagne (62 %), aux Pays-Bas (63 %) et au Royaume-Uni (66 %), c’est même la première raison pour laquelle les organisations engagent des travailleurs non permanents, tandis qu’en France, une flexibilité accrue (73 %) constitue le facteur principal, davantage qu’une expertise spécifique (69 %). La rapidité et les coûts sont aussi des aspects importants : 59 % des décideurs français jugent que cela va plus vite que de publier un emploi vacant, et 49 % citent les économies de coûts comme un facteur décisif.

Les employeurs négligent la planification des effectifs

Vu que les collaborateurs free-lance constituent désormais une proportion importante des effectifs, le fait que 65 % des entreprises adoptent une approche informelle de la planification devrait être alarmant.

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« Dans la mesure où les entreprises embauchent de plus en plus de personnel indépendant, elles doivent s’assurer que leurs politiques des RH soient constamment adaptées aux besoins de ces nouveaux effectifs, commente Jean-Marie Mozziconacci, administrateur délégué de SD Worx France. Actuellement, trop d’entreprises adoptent une approche réactive ou ad hoc de l’économie à la tâche, ce qui s’avérera préjudiciable à long terme. Si les organisations ne s’adaptent pas, des domaines tels que la gestion des talents deviendront un énorme défi pour elles – d’autant que leur accent est désormais placé sur l’embauche de personnel indépendant hautement qualifié. La nature des effectifs change de jour en jour, et les politiques d’hier ne suffiront plus. »

La motivation des travailleurs flexibles : un travail plus intéressant.

Pour élaborer des politiques des RH efficaces qui aident à gérer les effectifs indépendants, les décideurs doivent comprendre les motivations des personnes qui choisissent de travailler à leur compte. Pour 75 % des répondants français, la raison principale de devenir indépendant est que le contenu du travail est plus intéressant, tandis que 68 % déclarent que ce style de travail correspond mieux à leurs compétences. Outre ces avantages professionnels, plusieurs raisons personnelles les poussent à opter pour une activité d’indépendant.

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Près de la moitié des répondants (49 %) déclarent que le travail non permanent convient mieux à leur vie personnelle, bien que ce chiffre varie considérablement d’un pays à l’autre. Les travailleurs au Royaume-Uni sont les principaux représentants du travail indépendant au profit de la vie personnelle : 79 % d’entre eux invoquent ce facteur comme la raison numéro un de leur décision. La France suit avec 69 %. En Belgique, les motivations sont toutefois très différentes : seuls 52 % des répondants déclarent avoir opté pour le travail d’indépendant parce que cela profite à leur vie personnelle. Les nationalités présentent en outre des différences marquées en ce qui concerne les attitudes à l’égard du stress. Tandis que 39 % des collaborateurs free-lance au Royaume-Uni estiment que ce style de travail réduit le stress dans leur vie, seuls 23 % des Belges sont d’accord.

Au niveau international, ces travailleurs indépendants sont positifs et proactifs. Parmi les personnes interrogées, 41 % consacrent activement du temps à améliorer leurs connaissances et leurs compétences pour le travail, et 56 % vont jusqu’à développer des compétences dont elles n’auront besoin que dans des fonctions futures.

Les entreprises ont du mal à attirer de nouveaux talents

Un peu moins de la moitié (45 %) des organisations dans tous les pays sondés estiment qu’elles n’auront pas de problèmes pour attirer de nouveaux talents dans les trois prochaines années. Une organisation sur trois prévoit une pénurie de talents internes pour réaliser sa mission, sa vision et sa stratégie dans les trois prochaines années. Dans le paysage économique actuel, où le marché des talents est de plus en plus concurrentiel, il deviendra plus important que jamais pour les organisations de trouver des solutions à ces problèmes de talents. L’adoption d’une approche proactive à l’égard des travailleurs flexibles est une réponse possible. La recherche révèle que les organisations confrontées à un taux de roulement élevé empruntent déjà cette voie. Ces professionnels indépendants peuvent constituer un atout de taille pour les entreprises, tant que les employeurs prennent en compte de manière proactive ce groupe souvent négligé au sein de leur organisation. 
« 55 % des entreprises estiment qu’il leur sera difficile d’attirer de nouveaux talents dans les trois prochaines années. De plus, une entreprise sur trois pense que cette pénurie de talents affectera sa capacité à réaliser sa mission, sa vision et sa stratégie. Dans le paysage actuel, avec un marché des talents hautement concurrentiel, il deviendra plus important que jamais pour les organisations de trouver des solutions à ces problèmes de talents. L’adoption d’une approche positive à l’égard des travailleurs flexibles constitue une réponse, et d’après la recherche, les organisations avec un taux de roulement plus élevé y ont déjà recours. Les collaborateurs free-lance peuvent représenter un atout majeur pour les entreprises, tant que les employeurs abordent leur gestion de façon proactive », conclut le professeur Ans De Vos de l’Antwerp Management School.

À propos de l’enquête

La présente étude a pour but d’explorer le point de vue de l’employeur et des individus sur les talents flexibles dans cinq pays européens. Elle s’inscrit dans le programme de recherche établi par SD Worx et l’Antwerp Management School (AMS) pour la chaire SD Worx « Next Generation Work: Creating Sustainable Careers ». Depuis 2011, dans le cadre de cette chaire, des recherches sont menées sur l’évolution du contexte des carrières et ce que cela implique pour les organisations et la main-d’œuvre. Par le biais d’enquêtes annuelles et d’études qualitatives, nous suivons les défis relatifs aux personnes dans un contexte « VUCA » (volatil, incertain, complexe et ambigu), l’évolution des politiques en matière de carrière et de talents au sein des organisations en réponse à ces défis, et la façon dont les individus gèrent leurs carrières.

SD Worx et l’AMS ont interrogé (1) un échantillon représentatif de 1.074 employeurs, et (2) un échantillon représentatif de 1.874 travailleurs indépendants dans les cinq pays suivants : l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Les répondants potentiels ont été contactés au moyen d’un panel en ligne, l’échantillonnage étant basé sur la taille et le secteur pour l’enquête auprès des employeurs, et sur l’âge et le sexe pour l’enquête auprès des professionnels indépendants.

Si vous êtes intéressés pour voir l’étude complète, merci de prendre contact avec la personne dont le contact est ci-dessous.