Externalisation des services RH : les entreprises européennes divisées

L'automatisation est la principale tâche RH à être externalisée

23 février 2021

En temps de pandémie, les entreprises européennes semblent avoir des avis tout à fait différents quand il s’agit d’externaliser leurs tâches RH. D’après une récente enquête menée par le spécialiste paie et RH SD Worx, une entreprise sur trois se dit prête à davantage internaliser certaines de leurs tâches RH alors qu’un quart (27 %) d’entre elles souhaite au contraire les confier à un prestataire externe.
La décision d'externaliser ou non des tâches RH est plus ou moins tranchée en fonction des pays. Alors que 37% des entreprises françaises souhaitent garder le contrôle de leurs services RH en interne, la tendance est tout autre chez nos voisins européens : les entreprises allemandes, (40%), suisses (37%), autrichiennes (36%) ou encore belges (35%) préfèrent externaliser ce type d’activités. En revanche, seules deux entreprises sur dix souhaitent les externaliser dans des pays tels que la Pologne (17 %), l'Irlande (23 %), l'Italie (19 %) et l'Espagne (16 %).

En moyenne, 27% des entreprises interrogées n'ont pas l'intention de réduire l’étendue des tâches RH qu'elles externalisent, tandis que 34 % ont indiqué qu'elles avaient l'intention d’en assumer davantage en interne. 

« La crise sanitaire a poussé les départements RH de toute l'Europe à passer à l’action », déclare Jean-Marie MOZZICONACCI, Directeur Général France chez SD Worx. « Alors que certaines entreprises ne jurent que par des prestataires externes pour la gestion de leurs tâches RH, d’autres préfèrent en garder le contrôle et redistribuent la charge de travail en interne. Les RH jouent un rôle de plus en plus stratégique au sein des entreprises et les technologies dédiées évoluent à un rythme effréné. Grâce à cela, nous avons désormais la possibilité de travailler plus efficacement, d’acquérir de nouvelles connaissances et d’améliorer les relations des entreprises avec leurs employés ». 

Afin de mettre les éléments précédemment mentionnés en perspective, SD Worx a cherché à déterminer quelles tâches étaient les plus susceptibles d’être externalisées par les entreprises.  De manière générale, celles-ci souhaitent essentiellement confier les tâches relatives à l’automatisation des processus RH, la gestion de la législation sociale ou encore de la transformation numérique à des prestataires externes. En France, la gestion des coûts salariaux peut également faire l’objet d’une externalisation. Seules les entreprises suisses incluent le recrutement dans le top 3 des tâches à externaliser. 

Technologie et conseil : une nette différence

L’utilisation de logiciels dans le cadre des actions RH demande souvent aux entreprises de faire appel à un spécialiste du domaine. L’avantage principal pour elles réside dans l’accompagnement et le conseil prodigués par leur prestataire notamment au niveau législatif. Enfin, la formation, la gestion du bien-être des collaborateurs et la réponse à leurs questions en matière de ressources humaines sont, selon les entreprises européennes, les tâches les moins susceptibles d'être externalisées. 

« Les entreprises externalisent généralement les services RH informatisés ou digitalisés et préfèrent conserver tous les services liés au conseil ou basés sur le contact humain en interne.      
En Europe, un tiers des entreprises confie une ou plusieurs tâches RH à des prestataires externes et cette tendance est d’autant plus marquée chez les grandes entreprises industrielles. L’automatisation et la numérisation de la paie, qui figurent parmi les tâches les plus externalisées notamment pendant la crise du coronavirus, ont permis de rassurer bon nombre d’entreprises et de dirigeants. L’impact de l’externalisation sur la charge de travail de des collaborateurs démontre son potentiel et son impact positif sur la poursuite des activités et l’accompagnement des collaborateurs », conclut Jean-Marie MOZZICONACCI.