Trois salariés sur dix considèrent ne pas pouvoir évoluer au sein de leur entreprise

15 mars 2021

30% des collaborateurs estiment que les employeurs ne leur offrent pas suffisamment d’occasions de développer leurs talents et leurs capacités. D’après une récente étude menée par le prestataire de services Paie et RH SD Worx, un peu plus de la moitié des salariés Français (51,5%) indique pouvoir décider eux-mêmes des formations qu'ils peuvent suivre.
D’après l’étude, la possibilité de continuer à s’épanouir au sein d’une l'entreprise est le troisième facteur le plus important en matière d'engagement des collaborateurs. Pourtant, les entreprises ne semblent pas proposer suffisamment d’opportunités puisque 29,7 % des collaborateurs européens indiquent qu'ils ne peuvent pas suffisamment se développer dans leur contexte professionnel actuel. Cette tendance est d’ailleurs plus marquée en France ou en Allemagne où ils sont respectivement 31,1% et 37,9% à partager cet avis. Par ailleurs, dans les entreprises belges, un collaborateur sur quatre (26,3 %) est concerné et aux Pays-Bas, moins d'un collaborateur sur cinq (18,6 %).

« Les employeurs sous-estiment souvent l'importance d'offrir à leurs collaborateurs des perspectives d’évolution au sein de l'entreprise », explique Jean-Marie Mozziconacci, Directeur Général France chez SD Worx. « Personne ne veut avoir le sentiment d’avoir un plafond de verre au-dessus de la tête. Pour accroître l'engagement des collaborateurs, il est crucial de leur offrir la possibilité de se développer et d’apprendre en permanence. »

Près de la moitié des collaborateurs choisissent eux-mêmes leurs formations

Beaucoup de collaborateurs n’ont pas eu leur mot à dire quand il s’agit de formations. En effet, près de la moitié d’entre eux (46,6%) indiquent ne pas se sentir impliqués dans le choix des formations qu’ils pourraient suivre. La France et le Royaume-Uni sont d’ailleurs mauvais élèves sur ce point : avec respectivement 48,5% et 49,9% des collaborateurs indiquant avoir été inclus dans ce processus de décision, ces deux pays restent loin derrière la moyenne européenne établie à 53,4%. Au contraire, les employeurs belges (53,6 %), allemands (54,1 %), et six employés néerlandais sur 10 sont ceux qui prennent le plus le souhait de leurs employés en considération.

Côté collaborateurs, 71,6 % essaient de continuer à se former et à se spécialiser en permanence. Tous pays confondus, au moins deux collaborateurs sur trois souhaitent encore améliorer leurs compétences pour effectuer leur travail de manière plus adaptée et plus efficace. Également, près de la moitié d’entre eux (49,2 %) demande plusieurs fois par an à avoir accès à des formations.

La plupart des entreprises s'investissent

Heureusement, une grande partie des entreprises s'en soucie ! Trois PME sur quatre ont des projets de formation en cours pour leurs collaborateurs ou prévoient d'en lancer. Près de 90 % des moyennes et grandes entreprises (employant plus de 250 salariés) le font déjà. Cependant, il semblerait que les collaborateurs considèrent ces mesures comme insuffisantes ou y participent peu. Beaucoup d'entreprises peuvent entreprendre alors des démarches à cet égard.

« En permettant aux collaborateurs de partager entre eux les compétences qu'ils acquièrent en interne et en externe, en donnant le bon exemple en tant que manager, en créant de la place pour l'échange et le partage de connaissances, vous pouvez plus facilement introduire une culture d'apprentissage continu sur le lieu de travail », poursuit Jean-Marie Mozziconacci. « 86% des collaborateurs trouvent important que leur manager assume un rôle de mentor et les assiste dans leur développement personnel. Donnez-leur des feedbacks réguliers et apprenez-leur à l'accepter et à faire de même. Cela ne fera que renforcer leur engagement. Un bon système de gestion des talents peut jouer un rôle de soutien à cet égard, parce qu'il ne se contente pas d'analyser les compétences d'une équipe. Il offre aux collaborateurs un aperçu des domaines dans lesquels ils peuvent continuer à se développer et des formations qu'ils peuvent suivre à cet effet. »

À l'heure actuelle, la majorité des entreprises européennes n'utilise pas encore un système de gestion des talents pour gérer et promouvoir numériquement des projets d'apprentissage. Seuls 14,5% des PME disposent d'un tel système, contre 28% des moyennes à grandes entreprises.