Une entreprise française sur six considère que la COVID-19 a eu un impact positif sur son activité

14 avril 2021

Un an après la découverte des premiers cas de coronavirus en Europe, SD Worx a souhaité faire le point sur les conséquences de cette crise pour les entreprises. Pour ce faire, le spécialiste paie et RH a interrogé les employeurs de huit pays afin de connaître l’impact de la crise sur le fonctionnement de leurs entreprises, leurs résultats financiers ou encore le bien-être de leurs collaborateurs.
En France, plus de la moitié des répondants (52 %) estime que la crise a eu un impact négatif sur les entreprises. D’ailleurs, parmi leurs homologues européens, 56 % des Irlandais, 55 % des Autrichiens et 54 % des Suisses partagent cet avis et pensent que les entreprises souffrent de la pandémie. Les entreprises allemandes sont quant à elles plus positives avec un impact négatif soulevé seulement par quatre entreprises sur dix.

Une entreprise française sur six considère que la COVID-19 a eu un impact positif sur son activité

D’un point de vue plus positif, presque 15 % des entreprises françaises estiment qu’elles auraient bénéficié d’un impact positif de la crise sanitaire sur leur business. Au niveau européen, ce serait le cas pour une entreprise sur six, avec une tendance fortement marquée en Irlande, où 26 % des entreprises ont pu tirer leur épingle du jeu. Fait notable, les entreprises irlandaises sont également celles qui ont été le plus mises en difficultés au cours des derniers mois avec 56 % des entreprises ayant ressenti un impact négatif.

Autre point, plus d’un tiers des entreprises françaises n’observe pas d’impact particulier de la crise du coronavirus sur leurs activités alors qu’en Allemagne, 42 % parviennent à absorber le choc et à poursuivre leurs activités.

« Ces chiffres confirment les difficultés auxquelles les entreprises ont dû faire face au cours des derniers mois », explique Jean-Marie MOZZICONACCI, Directeur Général de SD Worx France. « Sans grande surprise, les entreprises européennes des secteurs du divertissement (76 %), de l’hôtellerie-restauration (72 %) et de l’éducation (60 %) figurent parmi les plus touchées par la crise. Cependant, il semblerait que la flexibilité dont a fait preuve un grand nombre d’entreprises de certains secteurs ait participé à l’essor de leurs activités. »

Presque un quart des entreprises européennes dégage un meilleur chiffre d’affaires

L’étude SD Worx s’est également penchée sur l’impact de la crise du coronavirus sur la santé des entreprises. Près de la moitié d’entre elles (48 %) a accusé une baisse de leur chiffre d’affaires, et cette tendance est malheureusement très marquée en France avec plus d’une entreprise sur deux concernée (58 %). Au niveau européen, les entreprises les plus durement touchées appartiennent par exemple aux secteurs du divertissement (76 %) ou de l’automobile (53 %). Mais, fait surprenant, près d’un quart des entreprises européennes (tous secteurs confondus) ont développé leur business (23 %) et observé une augmentation de leur chiffre d’affaires depuis le début de la crise.

Un quart des entreprises européennes ont dû davantage licencier

Mais qu’en est-il de l’emploi ? Les entreprises ayant participé à l’étude SD Worx ont déclaré, pour presque la moitié d’entre elles, avoir maintenu le niveau de leur masse salariale (49 %). Mais, malheureusement, une entreprise sur trois (32 %) a tout de même dû recourir à des licenciements.

En conséquence, le nombre de licenciements de collaborateurs en CDI a augmenté pour 26 % des entreprises interrogées. Une fois encore, la France est particulièrement touchée avec presque une entreprise sur trois ayant licencié sur la période (29 %). Mais d’autres pays européens tels que le Royaume-Uni (30 %) ou encore l’Autriche (31 %) observent la même tendance. De plus, la cessation de contrat avec des collaborateurs flexibles et des intérimaires a également augmenté de 28 % en Europe par rapport à la période pré-pandémie. Ce pourcentage atteint 37 % en France.

Beaucoup d’entreprises ont limité les embauches de personnel, notamment en France (54 %). En Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne ou encore au Royaume-Uni, les entreprises ont effectué presque un tiers de recrutement en moins. Dans le domaine des travailleurs flexibles et de la main-d'œuvre temporaire, les pays sondés enregistrent un recul des embauches de 37 %.

Mais près d’une entreprise européenne sur cinq a recruté au cours des derniers mois

Élément positif, près d’une entreprise sur cinq (19 %) a procédé à des embauches depuis le début de la pandémie. Elles sont moins d’une entreprise sur six en France (13%) et une sur cinq au Royaume-Uni à être dans la même situation. En termes de répartition, 17% des entreprises européennes ont recruté du personnel en temps plein et une entreprise sur cinq a davantage employé des collaborateurs en temps partiel.

« Le secteur de l’emploi a été touché de plein fouet par la pandémie », ajoute Jean-Marie MOZZICONACCI. « Il n'est pas étonnant que les entreprises aient dû avoir recours au licenciement pour se maintenir à flot. Pourtant, même pour les secteurs les plus touchés, la majorité des entreprises est parvenue à conserver la quasi-totalité de leur masse salariale. Certaines, certes en nombre limité, ont même renforcé leurs effectifs. »

Qui dit masse salariale, dit coûts. 28 % des entreprises européennes - et 39 % en France, ont cherché à réduire leurs coûts salariaux. Aux vues des conjonctures, seuls 12 % des entreprises ont octroyé davantage de promotions et d’augmentations depuis le début de la pandémie.

Le moral des collaborateurs n’a également pas été épargné par la pandémie. Deux tiers (66%) des entreprises françaises interrogées ont estimé que la pandémie avait particulièrement impacté le moral des employés (contre 51% en moyenne en Europe). En résulte d’ailleurs un impact très négatif sur le nombre d’arrêts maladie pour 45% des entreprises françaises. Au niveau européen, les secteurs les plus touchés sont évidemment la santé (58 %), la culture (67 %) ou encore l’enseignement (60 %) qui enregistrent les moins bons résultats.

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L’innovation, préoccupation majeure pour une entreprise européenne sur trois

En écho à la crise du coronavirus, un nombre notable d’entreprises s’est tourné vers l’innovation. En Europe, une entreprise sur trois (33 %) a accéléré son développement et 30 % l’ont fait en France. Logiquement, l’essentiel des projets lancés au cours des derniers mois dans l’hexagone portait sur le télétravail (42 %), mais 26 % des entreprises ont également lancé des initiatives relatives au bien-être des salariés, et plus de 20 % ont initié des projets de réorganisation ou de digitalisation des services RH.

« Les situations de crise imposent le changement et forcent les entreprises à innover et à faire preuve de créativité. L’engagement des entreprises sur la voie de la digitalisation reflète l’accélération du changement qui peut devenir un facteur de résilience dans des situations critiques », conclut Jean-Marie MOZZICONACCI.