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En France, un senior sur quatre veut continuer de travailler après l’âge légal de la retraite

Retirement age

Dans un contexte de vieillissement démographique et de tensions de recrutement dans plusieurs secteurs, le maintien en emploi des travailleurs expérimentés constitue un enjeu croissant en Europe. Plusieurs gouvernements cherchent à prolonger la vie active, notamment pour répondre à ces défis et à la soutenabilité des systèmes de retraite. Mais comment les salariés eux-mêmes perçoivent-ils la perspective de travailler plus longtemps ?

Une nouvelle étude menée par SD Worx, prestataire européen de services RH, révèle que 26 % des salariés français de 55 ans et plus se disent prêts à travailler un certain temps après avoir atteint l’âge légal de la retraite, contre 32 % en moyenne chez leurs voisins européens. Au-delà de l’âge, les conditions de travail, la santé et la reconnaissance jouent un rôle essentiel dans la manière dont les salariés envisagent la fin de leur carrière.

L’Europe face à une pénurie de main-d’œuvre 

Selon les derniers chiffres d’Eurostat , la population européenne vieillit rapidement. Si en 2005, les plus de 65 ans représentaient 17 % de la population, cette part a atteint les 22 % en 2025. D’après la Commission européenne, la population active sur le territoire devrait diminuer d’environ 12 % entre 2022 et 2070, malgré une hausse du taux d’activité chez les seniors et les femmes.

Les entreprises européennes en ressentent déjà les effets, même si la France semble légèrement épargnée. En effet, là où plus de la moitié des décideurs RH européens déclarent manquer de personnel, seuls 47 % des DRH français confirment ce manque. 

Ce n'est pas l'âge, mais la qualité de l'emploi qui fait la différence

Paradoxalement, les jeunes salariés français sont plus nombreux que leurs aînés à vouloir anticiper leur départ à la retraite : 47 % des moins de 35 ans envisagent cette possibilité, contre 38 % des salariés de 55 ans et plus. Dans le même temps, 26 % des seniors se disent prêts à travailler au-delà de l’âge légal instauré en France.

Pour les salariés dits seniors qui souhaitent partir plus tôt, les principales motivations citées sont la santé (55 %) et le désir de consacrer davantage de temps à leur famille ou à leurs projets personnels (53 %). L’usure professionnelle semble également peser dans leurs choix. Près d’un senior français sur deux évoque une baisse de motivation (49 %, contre 32 % en moyenne en Europe), tandis que 39 % mentionnent un travail devenu trop physique (contre 25 % pour les autres pays).

La charge mentale (28 %) et le manque de perspectives d’évolution professionnelle (26 %, contre 18 % en moyenne en Europe) figurent également parmi les facteurs cités.

Ces résultats rappellent que les conditions de fin de carrière varient fortement selon les métiers. Pour un couvreur, un préparateur de commandes ou un aide-soignant (entre autres), les efforts physiques, la manutention et les horaires contraignants peuvent rendre les dernières années de carrière particulièrement exigeantes. À l’inverse, pour les professions dites intellectuelles, la poursuite de l’activité peut être envisageable, à condition que la charge de travail reste soutenable et que l’expérience soit reconnue.

Pour autant, les salariés plus âgés ne se désengagent pas nécessairement de leur travail. Selon l’étude, 67 % des salariés français de 55 ans et plus se sentent suffisamment en forme pour continuer à bien travailler. Environ 72 % déclarent encore trouver de l’épanouissement et du sens dans leur activité. Par ailleurs, 73 % se disent satisfaits de leur travail, contre 66 % des salariés de moins de 35 ans. Le sentiment de reconnaissance est également légèrement plus élevé chez les seniors : 60 %, contre 58 % chez les plus jeunes.

Ces résultats invitent à dépasser l’opposition entre salariés qui voudraient partir et salariés qui voudraient rester, car la question est aussi de savoir dans quelles conditions chacun peut continuer à travailler.

Moins de mobilité, moins d’envie de se former

Les salariés de plus de 55 ans déclarent moins souvent rechercher un autre emploi que les plus jeunes. En France, seuls 5 % recherchent activement un poste dans une autre entreprise, contre 18 % des moins de 35 ans. Au sein de leur organisation, 4 % des seniors envisagent de rejoindre un autre poste, contre 18 % des plus jeunes. Au total, 89 % des seniors ne recherchent actuellement aucun autre emploi, que ce soit dans leur entreprise ou à l’extérieur.

Ces écarts ne traduisent pas nécessairement une réticence au changement. Ils peuvent aussi refléter des différences d’aspirations, de situation professionnelle ou d’opportunités. Ils soulignent néanmoins l’importance de permettre aux salariés expérimentés d’envisager d’autres trajectoires lorsqu’ils le souhaitent.

La formation constitue un autre enjeu. En France, 38 % des salariés de 55 ans et plus déclarent n’avoir aucune envie de se former, contre 27 % des moins de 35 ans. Ces derniers expriment également davantage d’attentes en matière de montée en compétences (71 %, contre 58 % chez les salariés plus âgés).

Pour les employeurs, l’enjeu consiste à rendre la formation accessible et utile à chaque étape de la carrière, en tenant compte des besoins réels, des aspirations et des évolutions des métiers. Il s’agit donc de donner aux salariés le temps et les moyens de les suivre, et de leur permettre de mettre en pratique les compétences acquises.

Intelligence artificielle : les seniors confiants, mais encore peu accompagnés

Les transformations liées à l’automatisation et à l’intelligence artificielle ajoutent une nouvelle dimension à la question de l’emploi des seniors. Selon l’étude, 51 % des salariés français de plus de 55 ans se disent confiants quant à l’avenir de leur poste, même si l’automatisation venait à transformer leurs tâches ou leurs fonctions. Chez les moins de 35 ans, cette proportion est de 47 %.

Toutefois, cette confiance ne s’accompagne pas d’un usage aussi fréquent des outils d’IA. Seuls 17 % des salariés seniors déclarent les utiliser régulièrement dans leur travail quotidien, contre 38 % des moins de 35 ans. Par ailleurs, 74 % des salariés de 55 ans et plus estiment que leurs compétences humaines ne pourront pas être remplacées par l’IA, contre 60 % des plus jeunes.

L’accompagnement reste un point de vigilance : seuls 16 % des salariés seniors estiment bénéficier d’un soutien suffisant pour se préparer à un avenir où l’IA prendra une place importante, contre 28 % des plus jeunes.

La confiance et l’expérience constituent des atouts, mais elles ne dispensent pas les entreprises d’accompagner les évolutions technologiques. L’accès à des formations adaptées, à des conseils pratiques et à des occasions d’expérimenter ces outils peut contribuer à permettre à chacun de rester acteur de son parcours professionnel. 

Donner aux salariés les moyens de prolonger leur carrière

Les employeurs disposent de plusieurs leviers pour améliorer les conditions de fin de carrière, comme l’adaptation des postes et la réduction des tâches les plus pénibles, l’aménagement des horaires, l’envisageant d’un passage progressif à temps partiel ou la proposition de missions de tutorat et de transmission des compétences. Il est également essentiel d’offrir des perspectives d’évolution, de favoriser l’accès à la formation et de reconnaître la contribution des salariés expérimentés.

    Que ce soit en France ou en Europe, la problématique autour de la pénurie de main-d’œuvre ne se résoudra pas en forçant les gens à travailler plus longtemps. Les entreprises doivent avant tout continuer à investir dans la qualité du travail et permettre à chacun de construire sa carrière durablement. Un travail stimulant et porteur de sens transforme radicalement l’engagement des collaborateurs. La possibilité de contribuer et d’être reconnu pour son travail est tout aussi essentielle. La clé réside dans des environnements de travail où les gens se sentent bien, peuvent continuer à progresser et sentent que leur contribution compte réellement. C’est ainsi que les salariés restent plus longtemps parce qu’ils le veulent, et non parce qu’ils y sont contraints.
    Jean-Baptiste de charette SD Worx

    Jean-Baptiste de Charette

    Directeur France

    SD Worx

    Méthodologie de l’étude  

    Pour rester au plus près des attentes des entreprises et des salariés, SD Worx mène régulièrement des études approfondies à travers l’Europe. L’analyse de la dernière enquête « HR & Payroll Pulse » apporte aux entreprises des éclairages utiles pour affiner leur stratégie RH et paie et la rendre pérenne.

    L’enquête a été réalisée entre le 27 janvier et le 20 février 2026 par le SD Worx Research Institute, dans seize pays européens : Belgique, Allemagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Croatie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie, Espagne, Royaume-Uni et Suède. Au total, 5 936 décideurs RH et 16 500 salariés ont été interrogés. Au sein de cet échantillon, 300 décideurs RH et 1000 salariés français ont été interrogés. Les résultats offrent une photographie représentative du marché du travail dans chaque pays.

      A propos de SD Worx

      Pour SD Worx, le succès repose avant tout sur les personnes. Des collaborateurs engagés ne sont pas seulement le moteur de la croissance de l’entreprise, ils contribuent aussi à la société. En collaboration avec ses clients, SD Worx conçoit des solutions RH efficaces qui améliorent le travail, la qualité de vie et l’impact sociétal.

      En tant que partenaire européen de référence pour les solutions RH adaptées à toutes les organisations et à tous les employés, SD Worx propose des solutions logicielles, des services et une expertise en gestion de la paie, de la rémunération, du capital humain et des ressources humaines. Fortement implanté à travers l’Europe, SD Worx accompagne depuis plus de 80 ans des entreprises de toutes tailles pour renforcer l’engagement des employés et assurer leur succès.

      En Europe, environ 105 000 organisations, de toutes tailles, font confiance à SD Worx. L’entreprise compte 10 000 collaborateurs répartis dans 27 pays. Chaque mois, SD Worx gère la paie d’environ 6 millions de travailleurs et fait partie des cinq leaders mondiaux du secteur. En 2025, son chiffre d’affaires s’élevait à 1,307 milliard euros. 

      Plus d’informations sur www.sdworx.fr / Suivez-nous sur LinkedIn

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      Andreea EXTRAT ARHIP
      Andreea EXTRAT ARHIPDirectrice Marketing