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Fait générateur en paie : comment se préparer au 1er janvier 2027 ?

Le 1er janvier 2027 ne se résumera pas aux traditionnels vœux du nouvel An : pour les services paie, il marquera avant tout l’entrée en vigueur de l’opposabilité des règles du fait générateur. Pour les entreprises qui ne sont pas encore prêtes, voici l’essentiel à connaître pour se mettre en conformité.

    À retenir

    Le fait générateur impose de calculer les cotisations selon la période d’activité à laquelle se rapporte la rémunération, et non selon sa date de versement. Ses règles deviennent opposables le 1er janvier 2027.

    • Ce qui change : chaque élément de rémunération est rattaché à une période précise, et la législation en vigueur sur cette période s’applique (taux, plafonds, exonérations).
    • Qui est concerné : toutes les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur, ainsi que les mandataires, tiers déclarants et prestataires de paie.
    • Ce que le BOSS a clarifié : en juin 2025, il a précisé des notions floues, dont « habituellement » et « régulièrement ». La tolérance des organismes sociaux ne sera plus permise.
    • Les risques : non-conformité de la DSN, redressement Urssaf, litiges prud’homaux.
    • Les 3 actions : auditer ses processus de paie, échanger avec son partenaire de paie, former ses équipes.

      Fait générateur en paie : le principe et ce que précise le BOSS

      Le principe : la période d’activité, pas la date de versement

      Sur le papier, l’adéquation des processus et outils avec les nouvelles règles ne pose pas de difficulté. En effet, le principe général du fait générateur est simple : le calcul des cotisations doit correspondre à la période d’activité à laquelle se rapporte la rémunération, indépendamment de sa date de versement.

      Le fait générateur introduit donc la règle dite de rattachement à la période de survenance de l’évènement. Cette règle conduit à l’application de la législation (en matière de taux de cotisations, de plafond, d’exonération, etc.) en vigueur au cours de la période de rattachement.

      Le BOSS clarifie les règles : la tolérance prend fin

      La mise à jour du Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS), en juin 2025, a permis de clarifier certaines notions, pour les cas éligibles à la dérogation, dont le flou entraînait des pratiques hétérogènes, associées à une tolérance des organismes sociaux. Une tolérance qui ne sera plus permise : les entreprises qui ne seront pas prêtes le 1er janvier seront confrontées à plusieurs risques (non-conformité de la DSN, redressement Urssaf, litiges prud’homaux…).

      « Habituellement » et « régulièrement » : les deux notions à retenir

      Le BOSS précise notamment ces deux notions :

      • Habituellement : se rapporte à un versement constant, à une date fixe et récurrente.
      • Régulièrement : se rapporte à un versement conforme à un contrat ou à une convention, sans date déterminée.

        Un exemple de paie, mois par mois

        Un exemple permet de comprendre les nouvelles modalités en termes de période de rattachement de la rémunération et de calcul des cotisations (assiette, taux et plafonds, exonérations…) : celui, le plus courant, d’un salarié en poste, touchant différents éléments de rémunération.

        Les éléments de rémunération à fin mars 2027

        Fin mars 2027, la rémunération se compose de :

        • son salaire ;
        • 8 heures supplémentaires effectuées en février ;
        • une prime annuelle versée habituellement en mars de l’année N+1 ;
        • une prime exceptionnelle décidée en novembre 2026.

        Leur rattachement avec les règles du fait générateur

        • Le salaire de base est rattaché à la période d’emploi (mars 2027).
        • Les heures supplémentaires sont rattachées à la période de réalisation (février 2027).
        • La prime annuelle est rattachée à sa prise en compte en paie (mars 2027).
        • La prime exceptionnelle est rattachée à sa date d’attribution (novembre 2026).

          3 bonnes pratiques pour se mettre en conformité sur le fait générateur

          La réforme du fait générateur se veut aussi exhaustive que possible : elle impacte chaque élément de rémunération, chaque entreprise, indépendamment de la taille de son effectif et de son secteur d’activité, ainsi que les mandataires, tiers déclarants et prestataires de paie. Pour les services RH, l’enjeu de mise en conformité est donc crucial. La conduite du changement implique plusieurs volets complémentaires.

          1. Réaliser un audit interne

          Identifier les processus de paie, les éléments de rémunération et de déclaration en décalage avec le fait générateur, et les changements à opérer.

          2. Échanger avec son partenaire de paie

          Échanger avec le partenaire de paie (éditeur d’une solution de paie SaaS ou prestataire de paie externalisée) pour s’assurer de la mise en place des nouvelles règles dans ses outils et services, et évoquer les éventuels ajustements dans le fonctionnement de la relation.

          3. Former les responsables et gestionnaires de paie

          Prévoir des actions de formation pour s’assurer qu’ils maîtrisent le nouveau cadre et ses nombreuses nuances : périodes de rattachement, contrôles de régularisations, gestion des cas particuliers.

            Fait générateur : agir dès maintenant

            À quelques mois de l’opposabilité des règles du fait générateur, les entreprises doivent s’assurer d’être dans les clous, avec si besoin le concours de leur partenaire de paie. Il n’est pas trop tard pour y parvenir, à condition de s’engager sans plus attendre, sur l’ensemble des volets, dans cette démarche à la fois réglementaire et opérationnelle.